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ivoire du 9° siècle et vitrail de Chartres du 13° siècle
ivoire du 9° siècle et vitrail de Chartres du 13° siècle

Évangile du dimanche du Corps et du Sang du Christ - 2016

(Icône Copte Égyptienne et vitrail dit “des apôtres”, cathédrale de Chartres, 13° siècle).

En ce temps-là, Jésus parlait aux foules du règne de Dieu, et guérissait ceux qui en avaient besoin. Le jour commençait à baisser. Alors les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent : « Renvoie cette foule : qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs afin d’y loger et de trouver des vivres ; ici nous sommes dans un endroit désert. » Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répondirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple. » Il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ. » Ils exécutèrent cette demande et firent asseoir tout le monde. Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés ; puis on ramassa les morceaux qui leur restaient : cela faisait douze paniers.(Luc 9, 11b-17).

Deux images présentent Jésus nourrissant ceux qui croient en Lui : la “multiplication des pains” de l’ivoire ancien, où les auteurs soulignent la foule pressée autour de Jésus; celui-ci siège et préside au partage; les disciples s'emploient à distribuer les pains à tous suffisamment et recueillent les morceaux restant. La juxtaposition des deux images rappelle que le miracle n'est que le signe qui annonce une toute autre réalité (Cf. Jean 6) : le don d’une toute autre nourriture indiquée par le pain et le vin de la Cène sur le vitrail; les disciples auront alors à annoncer et porter cette nourriture de la foi et de la charité fraternelle.

Les auteurs du vitrail, eux, mêlent deux temps du repas de la Cène : le geste de Jésus présentant le pain et le vin (geste inhabituel dans les vitraux de cette époque), d’une part, et, en même temps, l’opposition de Judas resté assis et prenant au plat d'autorité, sans que Jésus le lui donne. Ainsi les auteurs du vitrail soulignent qu’à la trahison de Judas, Jésus répond par la nouvelle alliance, au meurtre il répond par l’amour jusqu’au don de soi. Le Christ, comme sur l'ivoire ancien, préside au centre, plus élevé que les disciples; ceux-ci, ce soir là, ne sont plus qu'en tout petit nombre autour de Lui.

Dans cette perspective, l’Eucharistie, en ce monde d’injustice, de mort et de violence, annonçant la réalisation de l’espérance d’un monde nouveau où l’amour règne en tous, peut se méditer en suivant le Psaume 50 :

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché.

Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense.

Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi.

Contre toi, et toi seul, j'ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait.

(Le psalmiste reconnait sa vérité devant la sainteté de Dieu).

Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice, être juge et montrer ta victoire.

(Le Seigneur répondra par l’amour dans sa Passion, sa victoire par la Croix et la Résurrection).

Moi, je suis né dans la faute, j'étais pécheur dès le sein de ma mère.

Mais tu veux au fond de moi la vérité ; dans le secret, tu m'apprends la sagesse.

(Le psalmiste contemple la vérité de ce que le Seigneur veut et l’espérance qu’Il donne).

Purifie-moi avec l'hysope, et je serai pur ; lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.

Fais que j'entende les chants et la fête : ils danseront, les os que tu broyais.

Détourne ta face de mes fautes, enlève tous mes péchés.

Crée en moi un coeur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.

Ne me chasse pas loin de ta face, ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d'être sauvé ; que l'esprit généreux me soutienne.

(Le psalmiste guette les interventions du Seigneur qui lui apporteront la vrai joie).

Aux pécheurs, j'enseignerai tes chemins ; vers toi, reviendront les égarés.

Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu sauveur, et ma langue acclamera ta justice.

(Le psalmiste se reconnait membre de l’humanité courant à sa perte, jusqu’aux actes de mort).

Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange.

(Le psalmiste voit là le véritable culte de l’amour de Dieu).

Si j'offre un sacrifice, tu n'en veux pas, tu n'acceptes pas d'holocauste.

Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ; tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un coeur brisé et broyé.

(Le psalmiste, très éprouvé par le mal, reconnait l’étonnante gratuité de l’action du Seigneur).

Accorde à Sion le bonheur, relève les murs de Jérusalem.

(Le psalmiste se reconnait membre de l’humanité qui guette sa délivrance).

Ainsi est annoncé ce que le repas du Seigneur signifie :

“La nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. » Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.” (2° Lecture de la liturgie de ce dimanche : 1° lettre aux Corinthiens 11,23-26).

Tag(s) : #Image biblique

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