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Guérison de l’aveugle-né, vitrail du 20° siècle (1938) par les frères Benoît, église Sainte Walburge, Lérouville, Meuse.

 

4° Dimanche de Carême - 26 mars 2017

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean     (Jn 9, 1.6-9.13-17.34-38)

 

En ce temps-là, en sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance. Il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » – ce nom se traduit : Envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait. Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant – car il était mendiant – dirent alors : « N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? » Les uns disaient : « C’est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. » Mais lui disait : « C’est bien moi. » On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle. Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux. À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir. Il leur répondit : « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et je vois. » Parmi les pharisiens, certains disaient : « Cet homme-là n’est pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. » D’autres disaient : « Comment un homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? » Ainsi donc ils étaient divisés. Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? » Il dit : « C’est un prophète. » Ils répliquèrent : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors. Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Il le retrouva et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. » Il dit : « Je crois, Seigneur ! » Et il se prosterna devant lui.

 

*

Les auteurs du vitrail ont dessiné Jésus au moment où il met de la boue sur les yeux de l’aveugle. Depuis les premiers siècles, les commentateurs de l’évangile invitent à voir dans ce geste de Jésus celui de Dieu façonnant Adam, le premier homme, avec de la terre. Jésus continue ce dynamisme créateur par toutes ses actions et sa parole, comme il le dit : « Mon Père est toujours à l’œuvre et, moi aussi, je suis à l’œuvre » (Jean 5,17).

 

Dans le vitrail, Jésus et l’aveugle sont placés sous le rayonnement vertical du soleil, descendant du milieu des nuages. Cette image de la lumière jaillissant de la nuée est le symbole habituel de Dieu qui se tourne vers les hommes et se manifeste à eux « pour donner à son peuple de connaître la délivrance par la rémission de ses péchés, grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu, quand nous visite l’astre d’en haut, pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort, pour conduire nos pas au chemin de la paix. » (Chant du père de Jean-Baptiste à la naissance de son fils, évangile de Luc 1,77-79). Jésus lui-même rappelle sa mission : « Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé. Aussi longtemps que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. » (Jean 9,4-5).

 

Paul, dans sa lettre aux Éphésiens (lue en 2° lecture de ce 4° dimanche de carême), reprend cette symbolique de la lumière; il s’adresse aux païens qui viennent d’adhérer au Christ : « autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes lumière ; conduisez-vous comme des enfants de lumière » (lettre aux Ephésiens 5, 8). Les ténèbres comme le sommeil, pour Paul, sont ici symbole de l’ignorance du Dieu véritable tel qu’il se fait connaitre en Jésus; ainsi ajoute-t-il ce chant de Pâques : « Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera. » (Éphésiens 5,14)

 

D’autre part, la liturgie de ce 4° dimanche de carême propose, en 1° lecture, le récit de la désignation divine de David comme roi du peuple hébreu. Le Christ est présenté comme fils (descendant) de David, « l’homme selon le cœur de Dieu » (1° livre de Samuel 13,14) pour entrainer et guider ce peuple. En effet, dans cette lecture, l’auteur insiste sur Dieu qui voit le cœur de l’homme et choisit selon cette disposition intérieure : il est ainsi rappelé que Jésus est présenté par Dieu lui-même comme : « mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie » (Mathieu 3,17 et 17,5). Or les auteurs du vitrail ont repris l’ancienne disposition verticale des rayons lumineux employée dans les représentations du baptême de Jésus : du ciel, le Père manifeste cette filiation et cet envoi selon cette parole. Puis vient une invitation claire : « Écoutez-le !.. Ayez confiance !» après la répétition de cette même parole lors de la transfiguration (2° dimanche de carême, Mathieu 17,5…7). L’aveugle guéri reconnait cela à Jésus et lui donne sa foi.

 

Le Psaume 22, lu à la messe de ce 4° dimanche de carême, peut guider une adresse à Dieu :

    Le Seigneur est mon berger, je ne crains rien…

    Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ;

    il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom.

    Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal,

    car tu es avec moi : ton bâton de berger me guide et me rassure…

 

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