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La Parabole du négociant qui recherche des perles fines par Domenico Fetti. 16°-17° siècle.

17° dimanche ordinaire / 30 juillet 2017.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là, Jésus disait à la foule ces paraboles : « Le royaume des Cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ.
    Ou encore : Le royaume des Cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète la perle.
    Le royaume des Cieux est encore comparable à un filet que l’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons. Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s’assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien. Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes et les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »
    « Avez-vous compris tout cela ? » Ils lui répondent : « Oui ». Jésus ajouta : « C’est pourquoi tout scribe devenu disciple du royaume des Cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. »

*

Trois courtes paraboles nous invitent à choisir le meilleur : un découvreur de trésor, un négociant de perles fines, des pêcheurs de poissons. 

Ce choix est souligné par le peintre Domenico Fetti : les négociants rassemblés autour de la table du vendeur prennent le temps d’apprécier les perles. Il sont à l’abri de la foule sur la place du marché : celle-ci se laisse entrainer par les bateleurs, au fond de la place; les négociants, derrière leur pilier, s’en détachent pour garder toute leur lucidité et se concentrer pour faire leur choix.

Les deux premières paraboles (le découvreur de trésor et le négociant) insistent sur l’intérêt pour le « royaume des cieux » : celui-ci est tel qu’ils mettent tout ce qu’ils ont afin de acquérir leur trouvaille. Celui qui la découvre estime, en connaisseur, que rien n’est trop beau pour cela : il y sacrifie tout ce qu’il a pour l’obtenir. Il y a là comme un écho de la parole de Pierre : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre : quelle sera donc notre part ? » Et Jésus répond : « Celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle. » (Mathieu 19, 27.29). Ou encore : « Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me marche à mon côté; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur.» (Jean 12,25-26). Pour le disciple passe, « marcher au côté » du Christ passe en premier avant toute autre chose. Cette relation première avec le Christ éclairera l’importance et la valeur à donner à toutes ses autres relations ou tâches.

Toutefois la deuxième parabole, celle du négociant en perles fines suggère une autre interprétation : le royaume des Cieux, c’est-à-dire Dieu lui-même, est comme quelqu’un qui cherche des perles de grand prix; Dieu lui-même cherche les hommes qu’il aime. Comme dit le Psaume 13, « Des cieux, le Seigneur se penche vers les fils d’Adam, pour voir s'il en est un de sensé un qui cherche Dieu. » (Psaume 13,2). Ou encore le prophète Isaïe : « Tu as du prix à mes yeux, tu as de la valeur et je t’aime » (Isaïe 43,4). Ce prix au yeux de Dieu apparaitra en pleine lumière dans la mort du Christ qui « donne sa vie pour ceux qu’il aime » (Jean 15,13).

La troisième parabole, celle des pêcheurs de poissons, souligne la conséquence du choix : ou bien une vie qui reçoit sa qualité de l’accueil fait jour après jour au « royaume des cieux », ou bien une vie « qui ne vaut rien ». La peinture de Domenico Fetti suggère cela en distinguant le groupe de négociant, à l’écart, passionnés par leur recherche et la foule cherchant son plaisir immédiat et passager auprès des bateleurs, image des vendeurs de bien sans valeur, de toc. Ainsi Paul écrit : « Quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien » (Lettre aux Romains 8,28). Derrière cela Paul voit la réalisation du dessein de Dieu : « Ils sont appelés selon le dessein de son amour.., destinés d’avance à être configurés à l’image de son Fils, pour que ce Fils soit le premier-né d’une multitude de frères. » (id.)

Il s’agit d’une relation d’amour avec le Christ, comme dit le Psaume : « De quel amour j’aime ton  alliance, Seigneur ! » (Ps 118, 97a). Ou encore, l’auteur de l’Apocalypse voit « cette multitude de frères » selon l’image de fiançailles entre la nouvelle Jérusalem, le nouveau peuple, avec son Dieu : « Alors j’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle… Et la Ville sainte, la Jérusalem nouvelle, je l’ai vue qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, prête pour les noces, comme une épouse parée pour son mari. » (Apocalypse 21,1-2).

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