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Sarcophage, Arles, musée, bas-relief en marbre, 4° siècle.

Fête de l’Épiphanie / 7.1.18

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu    

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. » Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.  (Mathieu 2, 1-12)

*

Ce bas-relief de sarcophage nous offre la toute première façon de représenter cet épisode des mages dans les églises d’Occident. Les auteurs de cette représentation ne s’intéressent qu’à la deuxième partie du récit de Mathieu : « Des mages venus d’Orient » après leur rencontre avec Hérode à Jérusalem s’aperçoivent que « l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe, » c’est-à-dire le cœur du message de ce passage d’Évangile.

Les auteurs gardent la coutume, instaurée avant leur époque, de ne compter que trois mages. Ces « mages venus d’Orient » sont repérables tant par leurs chameaux que par leur bonnet phrygien, coiffure que les Romains attribuaient aux peuples étrangers en bordures nord et est de l’empire d’Orient.

Ces mages sont en marche rapide vers « l’endroit où se trouvait l’enfant. » L’un d’eux, en tête du groupe, montre l’étoile juste au-dessus de « l’enfant avec Marie sa mère ». Cette lumière et la joie qu’elle leur procure évoque cette vision du prophète Isaïe : « Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue, ta lumière,.. Les nations marcheront vers ta lumière,.. Lève les yeux alentour, et regarde : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi ; tes fils reviennent de loin. » (Isaïe 60,1…3); le prophète annonce la délivrance définitive du Peuple de Dieu et le rassemblement joyeux de tous ses membres : « Tous les gens… viendront; ils annonceront les exploits du Seigneur » (Isaïe 60,6), image de la paix universelle apportée par « le roi des Juifs qui vient de naître », lumière et guide  (Jean 1,9) pour tout homme en ce monde qui se décide à marcher avec lui. Pour cela, les mages, eux, ne trainent pas.

Face aux mages, « l’enfant avec Marie sa mère » les accueillent. Le geste d’accueil est celui de l’enfant qui reçoit les dons des mages. Ce geste n’est pas anodin; en effet, à cause de ses injustices, le peuple hébreu voit ses offrandes refusées à cause de l’esclavage du mal où il est tombé : « Cessez d’apporter de vaines offrandes ; j’ai horreur de votre encens… je n’en peux plus de ces crimes et de ces fêtes… Ôtez de ma vue vos actions mauvaises, cessez de faire le mal. Apprenez à faire le bien : recherchez le droit, mettez au pas l’oppresseur, rendez justice à l’orphelin, défendez la cause de la veuve. Venez, et discutons – dit le Seigneur. Si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront aussi blancs que neige. » (Isaïe 1, 13.16-18; ce chapitre 1 du prophète sert d’introduction à tous son livre).

La recherche sincère des mages auprès de son envoyé fait que leurs dons son acceptés par le Seigneur, la relation rompue est nouvellement offerte; en effet cette démarche coïncide avec les désirs et les œuvres même de Dieu, comme l’indique le Psaume 71 : 

« Dieu, donne au roi tes pouvoirs, à ce fils de roi ta justice.
Qu’il gouverne ton peuple avec justice, qu’il fasse droit aux malheureux !

En ces jours-là, fleurira la justice, grande paix jusqu’à la fin des lunes !
Qu’il domine de la mer à la mer, et du Fleuve jusqu’au bout de la terre !

Les rois de Tarsis et des Îles apporteront des présents.
Les rois de Saba et de Seba feront leur offrande.
Tous les rois se prosterneront devant lui,  tous les pays le serviront.

Il délivrera le pauvre qui appelle et le malheureux sans recours.
Il aura souci du faible et du pauvre, du pauvre dont il sauve la vie. »

(Psaume 71,1-2, 7-8, 10-11, 12-13)
 

Tag(s) : #Images d'Évangile

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