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Peinture de la Crucifixion avec des scènes de la Passion. 15° siècle.

Dimanche des Rameaux et de la Passion / 25 mars 2018.

La Passion de Jésus-Christ selon Saint Marc.

    … Jésus était crucifié. Les passants l’injuriaient en hochant la tête : ils disaient : « Hé ! toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, descends de la croix ! » De même, les grands prêtres se moquaient de lui avec les scribes..: « Il en a sauvé d’autres, et il ne peut pas se sauver lui-même ! Qu’il descende maintenant de la croix, le Christ, le roi d’Israël ; alors nous verrons et nous croirons. » Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l’insultaient. 
    Quand arriva la sixième heure (c’est-à-dire : midi), l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure.  Et à la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : « Éloï, Éloï, lema sabactani ? », ce qui se traduit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »  L’ayant entendu, quelques-uns de ceux qui étaient là disaient : « Voilà qu’il appelle le prophète Élie ! » L’un d’eux courut tremper une éponge dans une boisson vinaigrée, il la mit au bout d’un roseau, et il lui donnait à boire, en disant : « Attendez ! Nous verrons bien si Élie vient le descendre de là ! » Mais Jésus, poussant un grand cri, expira.
    Le rideau du Sanctuaire se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas. Le centurion qui était là en face de Jésus, voyant comment il avait expiré, déclara : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! »…
   (Marc 15,29-39)

*

La scène de la crucifixion présente, au pieds des crucifiés, trois groupes de personnages de grande taille. Au premier plan, deux groupes : à droite (donc à la gauche de Jésus), « les grands prêtres qui se moquaient de lui avec les scribes »; à gauche (donc à la droite Jésus), un groupe de femmes dont Marie, la mère de Jésus, effondrée et soutenue par l’apôtre que Jésus aimait. Enfin, bien au centre du tableau, Jésus crucifié, mort, et trois personnages qui le regardent intensément : sous la gauche de Jésus, Marie-Madeleine, selon une habitude de certains peintres à cette époque, la pécheresse à qui « il a été beaucoup pardonné et qui a donc beaucoup aimé » (Luc 7,47); et, sous la droite de Jésus, deux hommes : un soldat armé de la lance qui a percé le flanc de Jésus, le doigt pointé vers lui, et le centurion, un genou en terre; ce dernier est dessiné la main droite levée soulignant son affirmation : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! » 

Le peintre a dessiné, au cœur de sa peinture, ce trio attiré vers Jésus « élevé de terre » (Jean 12, 33) indiquant la portée de sa mort, point culminant de l’évangile de Marc. Celui-ci a tenu à mettre en valeur la profession foi venue de la bouche d’un étranger, comme un point d’orgue. Tout au long de son récit, Marc a soigneusement gardé le secret sur la personne de Jésus : en particulier, il souligne que Jésus fait taire les démons qui « savaient qui il était » (Marc 1,34). C’est seulement au moment de la Passion que sa relation divine est proclamée : Jésus la revendique devant l’assemblée des autorités juives à Jérusalem; puis le centurion païen la proclame au moment de sa mort. La présence de Marie-Madeleine, type même de la personne séparée de Dieu et réconciliée, atteste l’œuvre libératrice face aux puissances de mal qui entravent la puissance de l’amour.

Le peintre, en représentant la crucifixion de Jésus, a ajouté diverses scènes du récit de sa Passion, en arrière-plan. Il évoque ce récit qui est lu tout entier ce dimanche : tout au fond, en haut, des femmes assistent à la mise au tombeau; au plan intermédiaire deux scènes : à droite, l’agonie de Jésus au jardin des Oliviers et la troupe qui vient l’arrêter; à gauche, Jésus portant sa croix est conduit depuis Jérusalem jusqu’au lieu du calvaire.

Le texte de l’évangéliste Marc évoque tout un parcourt pour qui suit Jésus. Il commence par le rappel d’une affirmation de Jésus : « Toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours… » (voir Jean 2,19). Le vrai Temple, qui attestait que Dieu était présent à son peuple, est maintenant le Ressuscité. Ainsi le compagnonnage avec Lui et tous ses autres disciples est le vrai chemin qui mène à la vie nouvelle : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. » (Jean 14,6). Mais sa mort provoque le doute quant à cette promesse, évoqué par le symbole : « l’obscurité se fit sur toute la terre », comme si on se trouvait dans un tunnel dont on ne voit ni la fin ni le sens. Vient alors l’espoir imaginaire d’un « deus ex machina » : « Nous verrons bien si Élie vient le descendre de là ! » Enfin la lumière de la foi triomphe : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! » C’est comme le schéma de tout son évangile.

Paul résume par cette hymne : « Le Christ, Jésus… s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom » (Lettre aux Philippines 2,3-9).
 

Tag(s) : #Images d'Évangile

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