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Jésus à Nazareth. peinture de Georges Rouault. 20° siècle.

 

14° dimanche du Temps Ordinaire, Année B

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc     (Mc 6, 1-6)

 

En ce temps-là, Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et ses disciples le suivirent.  Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet. Jésus leur disait : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. » Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains. Et il s’étonna de leur manque de foi. Alors, Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.

*

Le peintre a placé Jésus, en blanc, au milieu, en bas de cette peinture, sur une route, dans une sorte de pénombre. Il tourne le dos à son village et le quitte dans une ambiance de coucher de soleil. Ce village reste encore un enveloppé de chaudes lumières, comme on imagine retrouver la chaleur du foyer rêvée à l’idée du début de la vie. Autour de lui, au contraire, la lumière des bleus profonds que les ombres menaçantes de la nuit envahissent, accentue son isolement, voire sa solitude. La faible lumière de son auréole na pas été repérée par ses concitoyens : à leurs yeux, son rayonnement ne semble pas faire le poids avec leur intérêt pour leur attachement à la vie de leur « monde » : plus personne ne le suit, sauf un compagnon de route; de la foule de ses auditeurs qui l’écoutaient dans la synagogue, « choqués », il ne reste que deux femmes, avec chacune leur enfant, qui le considèrent à sa sortie de la ville; attendent-elle encore quelque chose de lui pour elles-même et leurs enfants ? Des maisons, nul ne vient vers lui, méprisé comme tout prophète « dans son dans son pays, sa parenté et sa maison », bien loin de lui.

 

L’évangéliste Marc marque cette séparation entre « le monde » des concitoyens autour de Jésus et « l’autre monde » encore secret dont Jésus est « la porte » (Jean 10,7). Qui saura apprécier « cette sagesse qui lui a été donnée » ? Qui saura se détacher de son « monde » à soi pour pouvoir s’ouvrir au « monde nouveau » proposé par le Christ ? Jésus confirmera à ses compagnons, lors de son dernier repas, l’importance de son invitation : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi »  (Jean 14,6-7). Comment se fait-il que les hommes ne supportent pas que Jésus, membre de notre humanité, soit en même temps autre que nous et irréductible à l’image que nous aimerions qu’il soit ?

 

L’évangéliste Marc souligne une question-clé sous-jacente à tout son évangile : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » (Marc 8,29). Jean, dans son évangile, souligne la résistance fondamentale en jeu dans ce choix. A ses adversaires qui veulent le faire mourrir, Jésus révèle qu’ils sont entrainé par le Tentateur, « menteur et père du mensonge,.. Depuis le commencement, il a été un meurtrier. Il ne s’est pas tenu dans la vérité, parce qu’il n’y a pas en lui de vérité » (Jean 8,44). Mathieu, de son côté, indique que le choix effectif s’opère dans les actes de la vie quotidienne : « Chaque fois que vous avez fait (miséricorde) à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mathieu 25,40). Pour cela il faut l’aide secrète du Christ lui-même : « Ma grâce te suffit, « Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse » témoigne Paul (2° lettre aux Corinthiens 12,9).

Tag(s) : #Images d'Évangile

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