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3 février 2019 - 4° dimanche ordinaire - Année C

 

Affrontement de Jésus aux pharisiens. Peinture des 15°-16° siècle.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc   (Lc 4, 21-30)

 

En ce temps-là, dans la synagogue de Nazareth, après la lecture du livre d’Isaïe, Jésus déclara : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre » Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. Ils se disaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? » Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : ‘Médecin, guéris-toi toi-même’, et me dire : ‘Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm : fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !’ » Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays. En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. » À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.

*

Le peintre, à travers plusieurs visages d’opposants à Jésus, nous décrit cette surprenante et effrayante montée du scepticisme, de l’incrédulité et jusqu’à la haine, chez ses auditeurs. Luc pointera cette montée tout au long du parcourt de Jésus depuis la Galilée jusqu’à Jérusalem où il en mourra. Jean le soulignera : « Ils m’ont haï sans raison » (Jean 15,25)

 

Jésus, mourant, indiquera dans sa prière, qu’aucun de ces gens n’est la source de cette haine mortifère : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23,34). Il y en a un autre, le tentateur qui s’est déjà manifesté comme son adversaire irréductible : dès avant le début du ministère de Jésus, lors des tentations. Luc en conclut le récit par ces mots : « Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le diable s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé » (Lc 4,13), c’est-à-dire le moment de sa passion. La vie de Jésus est un combat permanent, jusqu’à sa mort.

 

Ce combat, Luc le remet en scène aussitôt après la sortie de cette synagogue de Nazareth : Jésus va à Capharnaüm et le premier signe que nous relate Luc est l’expulsion d’un démon. La réaction de ce démon est alors : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. » (Luc 4,34). Ainsi c’est cette peur de l’anéantissement que va seriner, à son tour, le tentateur à l’oreille des hommes. Paul le souligne : « Car la création a été soumise au pouvoir du néant, non pas de son plein gré, mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l’espérance » (lettre aux Romains 8,20).

 

Dès le début de la bible, le serpent se réfère à cette peur de l’anéantissement pour Adam et Ève. A ceux-ci qui veulent échapper à la mort en ne mangeant pas du fruit défendu, le serpent les abuse : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » (livre de la Genèse 3,4-5). Par la suite, cette peur se retourne vis-à-vis de Dieu lui-même qu’on ne peut voir sans mourrir. Adam et Èv se cachent de Diei. Ainsi l’éprouve le prophète Isaïe dans sa vision au Temple : « Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures : et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur de l’univers ! » (Isaïe 6,5). Sans l’aide Dieu, l’homme fini par réagir à cette peur par la haine. Un exemple très connu est l’attitude du roi Hérode le Grand à l’arrivée des mages qui demandent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? » (Mathieu 2,2); et , dévoilant sa haine meurtrière, il déclenchera le massacre des innocents.

 

Jésus se présente comme celui qui libère de cette peur. A la veille de sa Passion, il rassure ses disciples : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi » (Jean 14,1). Puis il les prévient que cette haine les atteindra eux aussi : « Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi » (Jean15,18). Enfin, il affirme : « Moi, je suis vainqueur du monde » (Jean 16,33).

Tag(s) : #Images d'Évangile

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