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31 mars 2019 - 4° dimanche de Carême - Année C

 

Peinture de William Etty. 19° siècle.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc    (Lc 15, 1-3.11-32)

 

En ce temps-là, les publicains et les pécheurs, venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs,et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : ‘Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.’ Et le père leur partagea ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. Il avait tout dépensé, ,quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin.,Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il rentra en lui-même et se dit : ‘Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers’. Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : ‘Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.’ Mais le père dit à ses serviteurs : ‘Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.’ Et ils commencèrent à festoyer. Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait. Celui-ci répondit : ‘Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.’ Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer.Son père sortit le supplier. Mais il répliqua à son père : ‘Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !’ Le père répondit : ‘Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »

 

*

Le peintre n’a rien oublié de ce récit où tout s'articule au père miséricordieux enlacé avec son fils misérable mais vivant, au centre du premier plan. Le mouvement du père semble entrainer derrière lui, à droite, une maisonnée en pleine agitation joyeuse : le veau gras est amené solidement maintenu, à droite du tableau; derrière un serviteur ouvre un coffre dont il sort des vêtements festifs et ornements, et, au fond, des jeunes femmes se préparent pour animer le repas par leurs danses et leur musique, avec des cuves de vin pour le festin. Un seul personnage, à gauche, est seul, étranger à cette animation. Entre son père et lui, il y a ce fils de retour qui lui tourne le dos et lui cache en partie le père. La joie et l’amour de ce père sont forts et rassurants comme la colonne à laquelle il parait adossé. D’un bras passé sur ses épaules, il protège son fils agrippé à lui des agressions extérieures, entre autres de celles, éventuelles, du fils ainé.

 

Cette parabole du fils prodigue, seul l’évangéliste Luc la mentionne, avec celles de la brebis perdue et de la pièce de monnaie égarée, trois « paraboles de la miséricorde ». C’est une des caractéristiques de son évangile. Mais cette annonce de la miséricorde vient de loin et coïncide avec la naissance du peuple de Dieu en Égypte : « Du fond de leur esclavage, les fils d’Israël gémirent et crièrent. Du fond de leur esclavage, leur appel monta vers Dieu. Dieu entendit leur plainte » (Livre  de l’Exode 2,23). Puis Dieu l’explicite à Moïse dans l’épisode du buisson ardent, où il affirme en se révélant lui-même : « J’ai vu la misère de mon peuple. Je vais le délivrer » (Livre  de l’Exode 3,7). Cette miséricorde sera proclamée de génération en génération, en particuliers quand le peuple se détournera de Dieu et prendra des chemins où il se sépare du Dieu vivant. Les prophètes seront les grands témoins du dépit de Dieu et de sa miséricorde : « Que ferai-je de toi, Éphraïm ? Que ferai-je de toi, Juda ? Votre fidélité, une brume du matin, une rosée d’aurore qui s’en va… Je veux la fidélité, non le sacrifice » (Osée 6,4…6). Puis ensuite un autre témoin : « Les fils ont le visage dur, et le cœur obstiné…  Je leur donnerai un cœur loyal, je mettrai en eux un esprit nouveau : j’enlèverai de leur chair le cœur de pierre, et je leur donnerai un cœur de chair, afin qu’ils suivent mes décrets, qu’ils gardent mes coutumes et qu’ils les observent. Alors ils seront mon peuple, et moi je serai leur Dieu. » (Ézéchiel 2,4 et 11,19-20)

 

Jésus y fait référence jusque dans sa passion : alors qu’on le crucifiait, « il disait : Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23,34). Puis, il en fait le cœur même de la « Bonne Nouvelle », en fixant la mission des apôtres : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins » (Finale de Luc : Luc 24,46-48).

Tag(s) : #Images d'Évangile

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