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7 avril 2019 - 5° dimanche de Carême - Année C

 

Peinture de  Pieter Aertsen, 16° siècle.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean   (Jn 8, 1-11)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean En ce temps-là, Jésus s’en alla au mont des Oliviers. Dès l’aurore, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner. Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère.Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? » Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre. Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre. Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu. Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

 

*

Selon son habitude, le peintre a placé sa peinture au milieu de la vie quotidienne : ici un marché animé, proche de l’entrée du temple, semble vouloir occuper toute la place. Selon son habitude également, le sujet de l’évangile, la rencontre de Jésus avec la femme et ses accusateurs, est placée à l’écart, loin, juste au pieds des marches du Temple, comme si cette manifestation de la miséricorde de Dieu n’intéressait presque personne ou bien la garde comme un secret, comme un trésor caché. L’indifférence de la population rassemblée là est manifeste et peut faire écran. Par cette composition de ses tableaux, il inaugure une forme de regard dont s’inspirera Bruegel le Vieux : l’évangile annoncé à tous semble n’avoir que peu de prise sur la vie quotidienne des gens.

 

C’est au fond du tableau, à gauche, qu’est exprimée la scène de l’évangile. Jésus et ses disciples sont peints au pied de l’escalier du Temple, tout à gauche. Plus à droite, le groupe des accusateurs fuyant devant la menace de Jésus : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre ». Entre les deux groupes, seule, bien en évidence, en blanc, la femme.

 

Jésus, penché, écrit sur le sol. Qu’écrit-il ? Notre traduction en français est infirme et ne peut pas traduire exactement. Dans le texte grec, l’évangéliste Jean emploie deux mots différent pour « écrire », avant  et après l’apostrophe aux accusateurs. Chacun de ces mots ont leur correspondant spécifique en hébreu. Or quand Jésus écrit la première fois, c’est le mot employé dans le livre de l’Exode pour la première écriture gravée sur le table le la Loi, dans toute sa rigueur (« pierres écrites par le doigt de Dieu » Exode 31,18); la seconde fois, ce n’est plus le même mot : c’est celui qu’utilise par Moïse qui réécrit la Loi après l’épisode du veau d’or, la colère de Dieu, puis, sur la supplication de Moïse, Dieu fait miséricorde à son peuple. En quelque sorte, l’évangéliste Jean, par la deuxième écriture, indique que Jésus affirme la Loi Nouvelle, la loi de la miséricorde : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. ». Jésus est venu « réconcilier les hommes … avec Dieu par le moyen de la croix ; en sa personne, il a tué la haine » (Lettre de Paul aux Ephésiens 2,16).

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