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Guérison d'un possédé. Manuscrit du 15° siècle.

4° dimanche Ordinaire / 28.1.18

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc    (Mc 1, 21-28)

Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. » Jésus l’interpella vivement : « Tais-toi ! Sors de cet homme. » L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui. Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. » Sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée.


*

L’auteur a fait son dessin en deux parties. A gauche, Jésus immobile, stable comme un roc, avec son auréole cruciforme : il tient le livre signe de son « enseignement » de l’Évangile. A droite, l’homme possédé agité : les mains liées pour limiter sa violence, il est maitrisés par un autre derrière lui et l’ « esprit impur » sort de sa bouche. Au milieu du dessin, la main de Jésus, trois doigts dressés en signe de la puissance trinitaire, expulsant l’esprit impur et lui enjoignent de se taire.

Au 15° siècle et aux siècles précédents, ce genre de diablotins monstrueux représentaient l’ « esprit impur ». Aujourd’hui certains préfèrent utiliser l’image d’une maladie psychique. Mais la parole que cet  « esprit impur » adresse à Jésus, « Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. », montre que le drame est plus profond. Dans expulsion de cet « esprit impur », c’est « le Saint de Dieu », Dieu lui-même dans son envoyé Jésus, qui est interpelé, considéré comme l’adversaire : c’est ainsi un combat bien au-dessus des capacités des hommes. Cette scène dévoile l’affrontement radical entre Dieu et l’esprit du mal qui fait des hommes ses esclaves.

Jésus a une attitude étonnante : d’un côté, il dévoile ce combat qu’il mène et, d’un autre côté, il cache l’adversaire qu’il combat. Jésus garde secrète son identité, comme s’il craignait que les mots « saint de Dieu » ne fausse notre compréhension; ce n’est qu’à sa résurrection que ses disciples reconnaitront ce que cela veut dire, à l’expérience. Lui-même l’annonce à la veille de sa passion : « déjà le prince de ce monde est jugé » (Jean 16,11). Alors les disciples ne seront plus sous la coupe du « prince de ce monde » qui aliène leur liberté d’adhérer à la parole de Jésus et d’aimer à sa manière.

Devant cette victoire, les témoins disent : « Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! » L’enseignement de Jésus n’est pas un discours doctrinal, pas une explication savante : c’est Jésus vivant qui se montre dans son dynamisme de présence à notre humanité. Il n’y a pas d’un côté les discours de celui qui sait et, de l’autre, des actes pour prouver : il y a lui « avec nous » ou, plutôt, il est la « parole vivante et efficace » (Hébreux 4,10).

Tag(s) : #Images d'Évangile

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